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L'histoire de la DS Chapron

 ‘Les Déesses de Levallois’

Voiture DS Citroën Chapron Decapotable

 

Le nom de Henri Chapron est devenu indissociable de celui de Citroën, mais la carrière du carrossier remonte beaucoup plus haut dans le temps que son association avec le quai de Javel. Venu très tôt à l’automobile, Chapron s’oriente tout de suite vers les métiers de la carrosserie pour y créer sa propre entreprise avec succès ; son nom va briller longtemps au panthéon des grands couturiers de la carrosserie française pendant l’Age d’Or des années 1920, 1930, jusqu’à rester un des derniers en activité et cela jusqu’en 1985, dans l’ouest parisien, rue Aristide Briand à Levallois-Perret.

Si la marque Citroën va permettre à la Carrosserie Chapron d’assurer sa pérennité, la signature s’en était imposée en habillant d’un style classique mais identifié, des châssis de grandes marques, Delage, Delahaye, Hotchkiss, Talbot, les archives des concours d’élégance d’Enghien ou du Bois de Boulogne s’en souviennent encore. A l’issue de la Deuxième Guerre Mondiale le monde avait changé sur le plan économique d’abord, sur le plan industriel ensuite : la clientèle capable d’assumer le coût d’une voiture exclusive se raréfiait et l’automobile se démocratisait à toute vitesse. Une autre question se posait, technique celle-là, l’avènement des carrosseries monocoques rendait délicat les perspectives d’élaboration de cabriolets à partir de berlines. Une caisse autoporteuse se conçoit plus difficilement en cabriolet là où un solide châssis apporte toutes les garanties de rigidité.

Et la DS vint . . .
C’est à l’avènement de la DS 19 en 1955 que Henri Chapron a vu l’horizon s’éclaircir, la nouvelle Citroën posée sur une vraie plateforme semblait offrir des perspectives. Bien entendu au Bureau d’Etudes de Javel, le fameux Flaminio Bertoni, dessinateur de la voiture avait esquissé nombre de projets de DS en décapotable, mais pour l’heure les innombrables soucis liés au lancement hasardeux du futur requin des autoroutes, laissaient ces dessins dans les cartons. Et Chapron va faire le premier pas, des contacts sont pris avec Citroën, une conclusion s’impose d’abord, la plateforme si rigide soit-elle a quand même besoin de renforts structurels, certains éléments de la charpente seront aussi maintenus, comme d’autres desiderata du constructeurs jugulant sans doute l’inspiration des stylistes de Levallois, mais garantissant le travail architectural. A partir de ce moment l’Histoire est en route ! Ainsi au Salon de l’Auto d’octobre 1958, parmi des Renault Mouette et Racing, un coach Peugeot 403, une Rolls-Royce Silver Cloud, sur le stand de la Carrosserie Chapron trône une belle décapotable, sobrement désignée ‘Cabriolet DS 19’. La voiture ne manque pas d’allure dans sa couleur chamois associée à une sellerie en cuir naturel, fortement équipée en accessoires elle porte une grosse baguette chromée de l’aile avant à la portière, des bas de caisse gaufrés, des enjoliveurs de roues RAF, mais surtout une baguette chromée en vertical au niveau de l’aile arrière. Cet élément surprenant s’explique car Citroën avait imposé le maintien de l’aile arrière amovible comme sur la berline, le jonc chromé masque donc la césure entre l’aile et le panneau latéral. Dans son dessin cette DS fait preuve d’une belle envolée, mais un dos bossu alourdit la composition, il est dû au maintien de la plage arrière dans une fonction de charpente. Cette présentation ne passe pas inaperçue et Citroën en observe les réactions. Elles seront favorables, le carrossier enregistre cinq commandes, suffisamment encourageantes pour envisager la conception d’un coach dérivé de ce cabriolet. Le coach sort en février 1959, dépourvu de vocable au départ, il recevra ensuite le nom de ‘Le Paris’, sa conception reste proche de celle du cabriolet, il conserve l’aile arrière amovible de la berline, avec ou sans jonc d’habillage d’ailleurs, cet artifice étant en fait une option au catalogue Chapron, tous les usagers ne la prendront pas. Quant au pavillon, il souligne que le carrossier ne s’est pas encore affranchi de ses habitudes stylistiques pour venir vers l’œuvre de Bertoni, la cellule de la voiture conserve son intégrité mais elle reçoit un pavillon caractéristique attribué à tous les coaches Chapron, Peugeot 403, Renault Frégate, etc , un toit mollement arrondi à fenêtres latérales trapézoïdales et lunette arrière panoramique. S’il s’adapte bien à ces voitures cet élément ne jouit pas d’une réelle homogénéité sur les lignes futuristes de la Citroën au point d’en faire disparaître les traits d’avant-garde.

Voiture Ds Citroën Chapron


Chapron ouvre un catalogue
En partant de ces deux créations, Henri Chapron dessine les perspectives d’une petite gamme de modèles sur base de Citroën DS 19 et ID 19, dont chacun recevra un nom de baptême adapté à son style. Ainsi depuis l’été 1959 le coach s’appellera donc ‘Le Paris’ et le cabriolet ‘La Croisette’ définissant une voiture urbaine par rapport à un modèle prédisposé à la Riviera. Mais au Salon d’octobre 1959 le stand reçoit trois Citroën, un cabriolet ‘Le Caddy’ basé sur ID 19 accompagne les deux modèles précités. Il se différencie de la précédente décapotable par un habitacle plus court ne laissant que des places d’appoint sur la banquette arrière, le mode 2 + 2 ainsi dessiné se voulant d’allure sport. Contrairement aux ‘Le Paris’ et ‘La Croisette’ dont la portière est rallongée, ce premier ‘Le Caddy’ n’a droit qu’à une porte de berline, lui laissant une aile arrière allongée comme un abdomen de guêpe, la baguette chromée qui part de l’aile avant traverse ici la porte sur toute sa longueur. La voiture de couleur métallisée clair associée à une sellerie et une capote claire, repose sur des jantes habillées d’enjoliveurs Robergel à rayons et annonce son identité, comme les autres membres de la famille, par l’affichage de son nom en lettres découpées vissé à la pointe des ailes avant.
A ce stade la production Chapron répond à des critères bien spécifiques retrouvés sur chaque type de DS 19 ou d’ID 19 griffé du carrossier. En premier lieu la porte est allongée de 18cm par soudage de deux parties de portières de berline, ensuite on trouve des placages d’aluminium gaufré sur les bas de caisse encadrés de baguettes chromées, les longerons de plateforme reçoivent aussi un habillage en aluminium. La grosse baguette chromée qui court sur l’aile avant depuis le phare jusqu’à l’aplomb de la poignée de portière est de même une signature de Levallois, comme le cimier chromé qui coiffe en triangle la pointe des ailes avant. Les pas de porte et le flanc du longeron sont garnis d’un élément en acier inoxydable porteur d’une plaque marquée ‘Henri Chapron – Paris-Levallois’. En option les DS et ID Chapron peuvent être équipées d’un pare-brise rabaissé de 5cm, de même le montage de déflecteurs de fenêtres latérales demeure t’il un choix du client déjà très sollicité par tout l’accastillage chromé que le carrossier facture comme ‘Habillage Luxe’. Des phares antibrouillard/longue portée complètent cet équipement, la proposition de garnir les jantes d’enjoliveurs Robergel ou RAF est aussi souvent retenue, mais on le voit sur les photos d’époque elle n’est pas systématique. Quelques détails encore, les clignotants arrière sont déplacés dans les blocs de signalisation, et lorsqu’il y a un feu sur l’aile avant il sert de répétiteur, enfin les panneaux de porte de malle sont moulés en polyester, ils donnent accès à de volumineuses capacités d’accueil pour une bagagerie qu’on imagine raffinée.
Un regard vers l’intérieur montre des planches de bord peintes de la couleur de la voiture ou associées à la sellerie, les Chapron sont souvent équipées d’autoradio, un luxe au début des années 1960 ; quant aux selleries garnies en cuir il va sans dire qu’elles bénéficient d’un soin tout particulier sur un dessin de couture original et très confortable. Les capotages seront en tissu, en simili-cuir ou en alpaga, ils pourront bénéficier d’un mécanisme électrique au fil du temps. Enfin la peinture : ce poste particulièrement soigné aussi, est quasiment au choix du client, sachant que Chapron offrait le nuancier Rolls-Royce puisqu’il avait dans ses activités la préparation de ces voitures pour l’importateur à Paris Pour la réalisation de ces premières DS et ID, Chapron achetait des voitures complètes qu’il fallait déshabiller et trouver à revendre les éléments inutilisés, on reconnait ces premières séries au fait qu’elles portent des pare-chocs arrière de série, des boîtiers de signalisation arrière Seima et surtout, sur le longeron, un seul téton de cric. Le problème de l’aile arrière démontable demandée par Citroën troublait vraiment l’unité de ligne du profil des cabriolets Chapron, une solution apparaîtra et satisfaisante pour les deux parties dans son évidence, une aile d’un seul tenant suffisamment échancrée au passage de roue arrière pour y donner accès.

Tout va bientôt changer
Au cours de l’année 1960 Henri Chapron va trouver à enrichir son catalogue d’une manière bien simple, il coiffe son cabriolet ‘Le Caddy’ d’un joli petit pavillon aux angles vifs pour donner un nouveau coupé baptisé ‘Le Dandy’, reprenant comme pour le cabriolet un vocable déjà donné à des Delahaye avant-guerre. La plupart des coupés ‘Le Dandy’ seront commandés avec le pare-brise bas leur donnant beaucoup d’allure, tandis que le choix de conserver le pare-brise d’origine entrainait le montage d’un pavillon aux proportions sensiblement différentes qui modifient l’allure générale de l’auto.

"Considéré comme beaucoup comme le chef-d'oeuvre de la production Chapron, le "Palm Beach" dans sa première configuration celle du millésime 1963." (D.R.)
A ce stade Citroën se dit convaincu de la validité d’inscrire un cabriolet dans la gamme DS/ID, la prévision de cadences réduites pour une telle voiture ne suffisant pas à une réelle industrialisation, le modèle sera manufacturé et confié à Henri Chapron. Et c’est là que tout va changer pour le carrossier, d’abord avec une garantie de commandes inespérée, ensuite pour le processus de construction de ses modèles. En effet à compter de ce moment, Citroën va fournir des plateformes spécifiques à Levallois, mais surtout, va consentir à procurer les mêmes embases au carrossier pour sa propre production. Ces plateformes préparées quai de Javel sont faites d’un plancher de berline assemblé à des longerons de break, sur lequel on remet des passages de roues arrière de berline et des bras de suspension arrière de break. On reconnait ces embases aux deux tétons de cric apparents sur les longerons, des éléments valables donc pour la datation des modèles Chapron. D’autres éléments stylistiques apparaissent aussi sur la production du cabriolet DS dit ‘usine’, des pare-chocs arrière aux retours rallongés ainsi que des doubles feux ronds de signalisation à l’arrière, ces éléments se retrouveront également sur les Chapron. Il en résulte que deux productions vont exister en parallèle et au Salon d’octobre 1960 lorsque Citroën expose son premier cabriolet décapotable, le visiteur peut découvrir à proximité sur le stand Chapron, une gamme de modèles hors-série composée d’un cabriolet ‘La Croisette, d’un cabriolet ‘Le Caddy, d’un coupé ‘Le Dandy’ et d’un coach ‘Concorde’ récemment apparu courant été 1960.
L’aspect suranné du ‘Le Paris’ seulement produit à 9 exemplaires, avait motivé son remplacement par ce nouveau coach, baptisé ‘Concorde’ pour rester dans l’esprit parisien. Cette fois le dessin a intégré un pavillon moderne aux piliers légers, parfaitement homogène dans son profil avec les lignes de la Citroën. Le premier modèle, celui de la présentation est basé sur ID 19, de couleur beige métallisé et toit marron, il a une sellerie traitée en drap et cuir.
Durant l’année 1961 il semble qu’on se consacre d’un côté  comme de l’autre au lancement du cabriolet ‘usine’, que Citroën désigne DS 19 ‘Décapotable’ et ID 19 ‘Décapotable’, un lancement sous le signe du luxe le plus raffiné de la part du constructeur, soutenu par un catalogue exceptionnel. Mais cette décapotable officielle s’avère finalement très proche du cabriolet ‘La Croisette’ dont il a été réalisé 52 exemplaires entre 1958 et 1962, au point que Chapron va chercher à se démarquer ici plus nettement en donnant naissance à un nouveau cabriolet, le ‘Palm Beach’ présenté au Salon d’octobre 1962. Souvent considéré comme une grande réussite dans la gamme, ce cabriolet de quatre vraies places a une longue capote et un profil agrémenté de petites glaces de custode donnant de la clarté aux places arrière tout en allégeant visuellement le capotage sur le profil de l’auto. Ce ‘Palm Beach’ et le ‘Concorde’ partagent le même espace de voitures à quatre places, ‘Le Caddy’ et ‘Le Dandy’ étant des 2 + 2 , ils constituent ensemble une offre suffisamment large pour la clientèle de Henri Chapron dont les ateliers tournent à plein avec le lancement réussi du Cabriolet ‘usine’. C’est à la fin de l’année 1963 qu’intervient une nouvelle étape dans l’évolution de cette famille, puisque le carrossier va différencier encore plus sa production par rapport à celle du quai de Javel en faisant dessiner des ailes arrière saillantes pour ses propres modèles. D’un galbe extrêmement élégant cet élément d’une touche assez italienne évoque dans sa retombée les ailes arrière des Facel-Véga, on pourra leur reprocher d’imposer un profil plutôt rectangulaire aux DS et ID dont la poupe fuyante est originellement une signature forte. L’apparition de ces ailes s’applique sur les quatre modèles Chapron de manière simultanée, elle entraîne une modification sur le coach ‘Concorde’ dont on relève les piliers de custode du pavillon de manière à offrir assez de hauteur sous plafond aux places arrière, la voiture y perd beaucoup de grâce.

Citroën DS Chapron


Une gamme en évolution
Mais ce n’est pas tout et Chapron va s’attaquer à présent au créneau des berlines dont il a pu appréhender la clientèle en assurant pour Citroën l’agencement et la finition des DS ‘Prestige’. De sorte que le catalogue de Levallois s’enrichit au millésime 1964 d’une DS 19 berline ‘Majesty’, ainsi baptisée en toute simplicité. Une poupe aux ailes arrière saillantes la rallonge par rapport aux berlines d’origine, pour en faire une voiture distinguée, disponible en option avec habillage intérieur Prestige, c’est-à-dire dotée de la séparation chauffeur. Le carrossier développera cette quatre portes sur les mêmes plateformes que celles de ses autres voitures, telles que fournies par Citroën, toujours reconnaissables aux deux tétons de cric apparents sur les longerons. Un porte-à-faux arrière prononcé impliquera de longs retours de pare-chocs spécifiques. Cette berline de grande classe intéressera une clientèle de décideurs dans les affaires, la diplomatie ou la politique ; entre 1964 et 1969 il en sera manufacturé 27 unités en version à pare-brise de série et aussi à pare-brise bas. L’une des ‘Majesty’ achetée par un banquier influent répondra à une commande très spéciale visant entre autres choses à rehausser le pavillon et à obtenir l’inversion du sens d’ouverture pour les portes arrière. Pendant ce temps, à la fin de l’année 1965, Henri Chapron a interrompu la carrière du coach ‘Concorde’ , il en aura été produit 38 exemplaires en cinq ans. A comparer avec les 32 exemplaires de ‘Palm Beach’ sur dix années. Toutefois la place laissée vacante sera vite comblée, dès le mois de mars 1966, lorsque la Carrosserie Chapron présente au Salon de Genève un nouveau coach opportunément dénommé ‘Le Léman’. Curieusement cette voiture reprend un dessin analogue à celui des premiers ‘Concorde’, ailes saillantes en plus, au pavillon fuyant vers l’arrière posé sur des montants évasé à la base. Revêtu d’une robe ivoire rehaussée d’un pavillon vert pâle métallisé, avec une garniture intérieure en cuir marron orangé, ce premier ‘Le Léman’ a une allure folle, la carrière du modèle s’étendra jusqu’en 1972, concrétisée par 24 unités. Un rebondissement inattendu intervient dans cette carrière en 1972, puisqu’à cette époque, le style Chapron se caractérise par des voitures à la poupe quasiment rectangulaire et terminée à la verticale à la façon de certaines Alfa-Roméo. Au moins un exemplaire de ‘Le Léman’ verra le jour dans cette configuration, tandis que les deux autres coaches commandés après, le seront dans le mode aux ailes arrière saillantes ; aucun des autres cabriolets ou coupés de la gamme Chapron ne connaîtra cet épisode. On notera au passage que Citroën ayant interrompu la commercialisation du cabriolet ‘usine’ en 1971, la fourniture de plateformes s’en trouve tarie derechef, si bien que les derniers modèles Chapron seront développés sur la même théorie qu’au début, à partir de berlines. Un autre point d’évidence mais qu’il n’est pas inutile de souligner, pour le millésime 1968 Citroën a modifié profondément le visage de sa gamme ‘D’ avec le montage des ailes avant à doubles phares, cette intervention ne sera pas sans conséquences sur les Chapron dont l’intensité du style en sera renforcée par une ligne encore plus tendue, mais au-delà quelques clients de 1967 demanderont un rappel de leur auto à Levallois pour la faire moderniser. Ce sera le cas pour une voiture du Patron lui-même. Les modèles ‘Le Caddy’ et ‘Le Dandy’ avaient quitté le catalogue en 1968 (34 unités du ‘Le Caddy’ construits et 50 du ‘Le Dandy’).
Mais l’affaire ne s’arrête pas maintenant, à la fin de 1968 Citroën et Chapron vont livrer à l’Elysée une DS 21 Présidentielle aux formes exacerbées qui sont d’ailleurs à l’origine de la malle arrière géométrique du ‘Le Léman’ mais avant cela d’une nouvelle berline au vocable de ‘Lorraine’ , baptisée ainsi en hommage au général De Gaulle et à sa région d’origine. La Carrosserie Chapron inscrit cette voiture au catalogue en 1969, alors que la ‘Majesty’ est encore commercialisée. La ‘Lorraine’ revendique une personnalité forte, de grande voiture moderne aux prestations routières incomparables en DS 21 dans un premier temps, en DS 23 depuis 1973. Chapron la propose en habillage intérieur Prestige à séparation intérieure, une vingtaine de ‘Lorraine’ ont vu le jour, les deux dernières en 1974 commandées par une banque espagnole, elles seront blindées et équipées d’un pare-brise en trois éléments sensé éviter au chauffeur les déformations visuelles.
La saga Chapron, c’est un livre ouvert encore sur de nombreux et intéressants travaux, tels que le montage des toits ouvrants anglais licence Weathershields, ou encore de berlines entièrement découvrables conçues à l’intention de la presse sportive dans les courses cyclistes. Après l’interruption du cabriolet ‘usine’, Chapron recevra encore quelques commandes d’amateurs inconditionnels qu’il sera autorisé à honorer, on recense ainsi quatre DS 21 et quatre DS 23 cabriolets postérieurs à 1971, tous ayant heureusement survécu à ce jour. Les derniers travaux de cette grande entreprise de carrosserie sur des Citroën concernent des SM, d’abord deux magnifiques décapotables à quatre portes, voitures présidentielles commandées par l’Elysée, ensuite des berlines SM ’Opéra’ et des cabriolets SM ‘Mylord’. Deux CX Prestige ouvertes en landaulet viennent conclure cette lignée remarquable qui a liée pendant trente ans la Carrosserie Chapron et la marque Citroën.

Olivier de SERRES

Citroën DS 21 Chapron

 DS Chapron pour le magazine Minauto #37 par Olivier de Serres